Matamore
 
Ce fut dans un ciel clair comme un coup de tonnerre
Presque à en vaciller, à en tomber par terre
Le héros, le champion, le super va-t-en guerre
A chu du piédestal lors qu’on n’y croyait guère.
 
Lorsque j’étais petit on me l’a pourtant dit
De ne vendre de l’ours la peau sans qu’on l’ait pris
De ne trop tôt crier à sa propre victoire
De ne croire trop vite à son heure de gloire.
 
Ils avaient tout misé sur ce cheval leurs chances
Et ils ont tout perdu de lui avoir fait confiance
Les châteaux en Espagne se sont tous écroulés
Les rêves de pouvoir se sont bien envolés.
 
Lorsque j’étais petit on me l’a pourtant dit
Ne mets pas tous tes œufs dans le même panier
Le risque d’omelette on ne peut le nier
Est grand s’il y a chute, mais ça ils l’ont compris.
 
Le matamore d’hier où est-il donc passé
Lui qui clamait si fort : rien à me reprocher
Lui qui était le chantre de cette probité
Se croyait intouchable dans sa grandeur drapé.
 
Lorsque j’étais petit on me l’a pourtant dit
De ne jamais me croire si grenouille taureau
De ne jamais faire de joli numéro
Si je n’étais pas sûr d’être ce que je dis.
 
Pierre-Jean BOUTET
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