nature_soleil

Adieu

Quand tu viendras bourdon frémir à mon oreille
Que toi le bouton d'or dans le jour qui s'éveille
Ouvriras ta corolle pour boire le soleil
Et ouvriras les vannes pour ta sève de miel,

Quand toi tu frôleras subreptice ma peau
D'un souffle plus léger qu'une plume d'oiseau
Que tu murmureras dans le creux de mon cou
De ces mots de magie d'où s'écoule le doux,

Quand passera sur moi un paresseux nuage
Dans un ciel de beau temps étranger à l'orage
Que ne serai vêtu et sans gêne connue
Mon corps sera offert désarmé et si nu,

La liberté sera là pour moi sans entrave
Marié à la nature, je veux être l'étrave
Du vaisseau magnifique que pousseront les vents
De ma prison de chair jusqu'au lointain couchant.

Chante donc rossignol une chanson d'adieu
Tandis que la camarde me fermera les yeux
J'emporterai là-bas d'où on ne revient pas
Ces sensations d'un monde plus beau qu'il deviendra.

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com