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Les sentinelles
Leurs cinq troncs sont épars et scarifient le ciel
Ils sont comme des mâts dépouillés de leurs voiles
Ou comme d'attentives et maigres sentinelles
Qui prieraient de leurs doigts tendus vers les étoiles 
Et leur pied est noyé dans de la neige fraîche
Laissant apercevoir d'ocres coulées de terre
Leurs ombres projetés la noircissent et la lèchent 
En soldats de l'hiver ils se dressent volontaires.
Dans ce silence nu que rien ne vient surprendre
Ni le chant des oiseaux, ni le vent dans les branches
Ils semblent être là de tous temps à attendre
Ce printemps espéré, habillés en dimanche,
De noirs et blancs vêtus comme à l'enterrement
Ils montent une garde combien sévèrement 
Mais on les sent tendus vers une autre espérance 
Quand le vert très bientôt sera leur délivrance.
Pierre-Jean BOUTET
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