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Lucarnes
Quand j'ouvre les lucarnes par où hurle le monde
Pour regarder ce qui est sur notre boule ronde
Je suis frappé de voir à quel point de l'immonde
Côtoie de la beauté ce à chaque seconde.
Tant de destins contraires qu'on les croit étrangers 
Du petit retraité satisfait et pépère 
Au migrant étranger qui lui plus rien n'espère 
De cet enfant trop gras à ce gosse en danger.
À tel point que parfois j'ai l'impression de vivre
Comme un privilégié si tranquille et libre
Dans ce coin de montagne au milieu de la paix
Bien entouré d'amis et d'un manteau épais.
Quand donc comprendrons nous tous nos destins liés 
Tous ces chemins tracés sur une même terre
Il faudra bien un jour tous nous réconcilier
Sinon pas d'avenir, qu'on soit pauvre ou prospère.
Souvent j'ai tentation que de fermer les yeux
Pour être libéré de ces spectacles odieux
Me sentir détendu sans doute plus heureux
Je sais ça change rien, mais je me sens bien mieux.
L'homme est ainsi fait, dans nos gènes je crois
Que tant que tout va bien il ne réagit pas
S'il ne voit le danger là juste sous ses pas
Non il ne fera rien, il n'anticipe pas.
C'est bien le paradoxe ne trouvez-vous pas
Par son intelligence il sait pourtant tout ça 
Il espère toujours échapper aux dangers
Dont il connaît nature et probabilité.
Quand j'ouvre les lucarnes par où hurle le monde
Pour entendre ces bruits qui annoncent le pire
Il devient difficile d'avoir pensées fécondes 
Pour retrouver l'espoir et croire en l'avenir.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com