néant

Néant

Il en est qui évoque quelque puissant attrait
D'un néant qui serait pour certain accueillant
Où plus rien n'atteindrait une âme en tourment
Où elle flotterait pour toute éternité.

Comment imaginer qu'une chose attire
Alors que le néant ne saurait se décrire
Comment qualifier ce qui n'a d'existence
Comment une âme même y serait en présence ?

Sombrer dans le néant c'est alors disparaître
Et de ce qui n'est rien, rien ne saurait renaître.
Aspirer au néant c'est renoncer à tout
Cela ne veut pas dire rejoindre le grand Tout.

On ne peut ni le craindre et ni le désirer
Car il n'a pour aucun quelque réalité
C'est tout juste un concept qui un jour a germé
Dans l'esprit des hommes qui aiment spéculer.

Et pourtant quand on ferme les écoutilles
Ne plus rien ressentir, plus de banderilles
C'est la paix qu'on trouve et non pas le néant
Ça bouillonne encore tout au fond en dedans.

Mais que serait l'esprit à tourner sans arrêt
Privé de sensations, pure spéculations
Ce serait la folie si ces cogitations
N'avaient aucun écho dans la réalité.

C'est le prix à payer, l'humaine condition
Émotions, joies douleurs en seraient les sanctions
Sont aussi bien souvent, nos vraies consolations
Quand il n'y a de réponses à toutes nos questions.

Pierre-Jean BOUTET