apparences

Apparences

Je le vois sur son banc de dos, un peu courbé
Ses épaules tressautent comme s'il sanglotait
Je m'approche de lui pour peut-être l'aider
Échanger des paroles qui pourraient soulager

Je m'assieds doucement et alors je comprends
L'homme tient dans ses mains un livre et il prend
Du plaisir à le lire, et à rire en lisant
Ce n'est pas de chagrin dont son corps est dansant.

Le tableau qu'on croit voir, souvent comme il nous ment.

Je la vois éclater d'un rire tonitruant
Et agiter ses bras au milieu des passants
Je m'approche alors d'elle pour savoir ce qui rend
Cette femme si gaie, ce spectacle donnant

Quand à quelques pas d'elle je vois là à ses pieds
C'est le corps d'un enfant étendu et blessé
C'est un rire dément de souffrance infinie
Qui secoue cette mère devant l'enfant meurtri.

Le tableau qu'on croit voir, souvent comme il nous ment.

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com