lefeu

La bête

Ne jamais oublier qu'elle est tapie la bête
Prête à dévorer et que rien ne l'arrête
Ne lui donnez jamais toute sa liberté
Gardez-là sous contrôle si vous la nourrissez.

Quand dans le lit grisâtre ses petits yeux rougeoient
Ne les croit pas mourants, vois comme ils sont en joie
Des que tu vas jeter sur eux quelques morceaux
Ils vont les dévorer dans l'ardeur à nouveau.

La bête est domestique si elle est enfermée
Alors elle procure les bienfaits recherchés
Tous autour s'y regroupent pour bien la regarder
Pour se sentir si bien et un peu bavarder.

Certains parfois négligent hélas trop le danger
Si un seul des yeux rouges parvient à se glisser
Hors de cette prison où on l'a confiné
C'est toute la maison qui sera condamnée.

La bête libérée en devient gigantesque
Elle consume tout en folles arabesques
Il ne restera rien que des choses noircies
Quand elle s'apaisera et son repas fini.

Toi quand comme elle, tu es feu et flammes
Contrôle cette énergie qu'elle ne tourne colère
Elle est une alliée si tu ne la libères
Ou alors au contraire brûler jusqu'à ton âme.

Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com