Riviere

A sec

Pendant des millénaires sans doute même plus
La rivière a coulé et parfois s'est perdue
Sur des fonds de rochers elle a dévalé
Sur eux elle a glissé, elle les a ignorés

Et ces eaux entraînées , coulant vers la vallée
Ont usé et lissé ces lits aux couleurs sombres
Ces torrents si fougueux ces roches ont raclé
À présent desséché, le cours d'eau n'est qu'une ombre.

Je marche dans ces creux entre tous ces fantômes
Je vois ces minéraux qui ont gardé la trace
Du passage des eaux, leur dure carapace
Est marqué de ces sceaux des fées de ce royaume.

Marmites de géants et chutes verticales
Des sillons bien gravés en courbes horizontales
Des galets à foison et des rochers bien ronds
Des gorges si profondes qu'on n'y voit d'horizon.

La rivière à présent glisse dans des couloirs
Enfouis profondément dans des sols plus calcaires
Elle a bien sombré dans un grand avaloir
Qui la cache pour toujours tout au cœur de la terre.

Quand les jours d'orage les eaux sont trop pressées
Et débordent de la bouche qui veut les avaler
Elles reviennent pour un temps caresser ces rochers
Qui en sont à nouveau tous bien bouleversés.

Pierre -Jean BOUTET
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