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Petite Émilie
 
Petite Émilie je sens dans les frémissements
De ta lèvre tremblant sous tes sanglots d'enfant
Ta peur et ta douleur, quand ces gens effrayants
Sont tout de noir vêtus, venus hier en criant.
 
Tu as gardé dans les yeux, cette ombre qui y plane
Qui y a même éteint, cette petite flamme
Que j'y voyais avant que n'arrive ce drame
Quand tu dansais pour moi, si bien la Sevillane.
 
Petite fille polie, alors tu t'es cachée
Derrière le manteau de la grande cheminée
Mais ce que tu as vu, tu ne peux l'oublier
Que pourrais-je donc dire pour mieux te consoler ?
 
Te serrer dans mes bras, tu sens encore la cendre ?
De toute la violence que tu ne peux comprendre
De papa et maman, qu'on est venu te prendre
De ces cris, de ces coups, que tu as pu entendre.
 
Petite fille meurtrie, grand père est venu
Il est là sois bien sûre, qu'il t'a bien entendue
Reposes toi un peu contre lui maintenant
Ta bouche ne tremble plus, car tu dors à présent.
 
Puisses-tu rêver de ces pays en paix
Où les bombes n'ont pas de raison de tomber
Où les gens vivent libres, où la vie est si forte
Où les enfants grandissent sans la mort à leur porte.
 
Pierre-Jean Boutet
cambredaze.canalblog.com