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Embrouillé
 
Je me tiens hors d'haleine aux lèvres purpurines
Je suis là et je hume l'odeur de clémentine
Et mes humeurs fébriles ont des envies câlines
Aux lueurs qui pâlissent sur sa peau opaline.
 
Aux songes dévastés de mon âme en fièvre
Se mêlent rejetées des pensées incertaines
Aux gestes débridés de mon corps délétère
Répondent en écho des paroles bien vaines.
 
Enivré par l'image qui m'obsède sans cesse
D'une fille perdue, de son corps de déesse
De troublants souvenirs surgissent en cortèges
Mais aussi éphémères que traces sur la neige.
 
Seraient-ce des caresses qui effleurent ma peau
Ou des coups qui m'agressent et meurtrissent mon dos
Serait-ce un baiser que je garde en mémoire
Ou ces coquards violets qui racontent l'histoire.
 
Pourtant je n'ai rêvé ces lèvres purpurines
Pas plus de cette odeur d'écorce de clémentine
Je ressens tant la force de cette envie câline
Et le jeu des lueurs sur sa peau opaline.
 
Et je sors de ce rêve embrumé par l'alcool
De la boîte malsaine où les espoirs s'envolent
Attiré papillon par l'éclat, la lumière
Dépouillé, tabassé, où est donc le mystère ?
 
Pierre-Jean Boutet
cambredaze.canalblog.com