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La tempête de sable

 

Il y avait du sable au point qu’on en mangeait

Il était sur la table et tout ce qu’on prenait

C’était dans un camping, sur une île magique

Une enfance aimée au bord de l’Atlantique.

 

Sous les grands pins « pignons » qui faisaient parasol

Nos tentes étaient plantées pas très bien dans le sol

Nos lits tubes cédaient bien souvent dans la nuit

Sur nos sièges de toiles nous dînions d’appétit.

 

Dans les chasses au trésor nous prenions des chemins

Et nous y respirions nature et air marin

Des tempêtes de sable soufflaient au dépourvu

Quand retour de la plage nous courrions jeunes et nus.

 

Nous retrouvions en bandes dans ces camps GCU

Les enfants de tous âges, de la France venus

Fils et filles d’enseignants comme nous tous issus

C’est souvent là que tous, nous nous étions connus.

 

Et la mer y roulait ses vagues imposantes

Enfants de méditerranée, surpris par les marées

Et tous ces coquillages que nous collectionnions

Comme autant de trésors, disponibles à foison.

 

Comme nous étions libres alors en ces temps là

Les parents n’étaient pas après nous tout le temps

Avec le recul j’en ai quelques frissons

En pensant aux dangers, auxquels nous échappions.

 

J’étais lors le plus jeune, de tous mes frères et sœurs

J’essayais de les suivre, parfois j’avais bien peur

Je voyais bien des choses sans même les comprendre

Mais qui venaient nourrir ma grande soif d’apprendre.

 

Ce sont quelques photos reçues d’un de mes frères

Qui cinquante ans plus tard, ont réveillé peut-être

Des images, des senteurs, et le picotement

D’une tempête de sable sur la peau d’un enfant.

 

Pierre-Jean Boutet

cambredaze.canalblog.com