Autant en emporte le temps
 
Je suis resté muet, elle a passé la porte
Que pouvais-je lui dire, pour éviter qu’elle sorte
Oh triste conclusion d’un amour qu’on emporte
Comme le vent le fait d’une feuille trop morte.
 
Ca reste un mystère que rencontrent les hommes
Quand soudain tout s’arrête, comme tombe la pomme
Que de tout ce vécu, ne reste rien en somme
Que toute l’aventure s’efface sous la gomme.
 
On peut toujours chercher quelques explications
Se dire qu’on a eu, quelques hésitations
Qu’on a commis des fautes, fait preuve d’inattention
La vérité est claire et sans contestation.
 
Un bon jour c’est fini, la flamme s’est éteinte
De la passion d’hier, ne restait que l’étreinte
Inutile de biaiser, d’imaginer des feintes
Un amour vraiment vrai, n’est pas en demie teinte.
 
Cela fait un grand trou, comme un vide en soi
Surtout quand l’autre part, et que ce n’est pas moi
Quand je croyais encore, que j’avais cette foi
Que j’espérais encore qu’elle reste avec moi.
 
Mais je reste muet comme elle passe le seuil
De notre bel amour je dois faire le deuil
Ne le mettre au trou comme on fait d’un cercueil
Pour que le vent l’emporte, comme il fait d’une feuille.
 
Pierre-Jean Boutet
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