Au sommet
 
J’ai le souffle coupé devant un tel spectacle
Les montagnes s’étalent devant moi à foison
Comme en rang de bataille, et jusqu’à l’horizon
Au souffle des grands vents, comme autant d’obstacles.
 
La neige y étincelle sur leurs flancs ébréchés
Le soleil s’y reflète pour les immaculer
La roche en découpe les crêtes et les sommets
Les nuages s’y accrochent en écharpes drapées.
 
Plus haut il n’y a rien qu’un ciel d’un bleu acier
Que ne souillent parfois que de blanches traînées
Celles que tracent les vols de ces vaisseaux ailés
Qui tout à leur orgueil passent sans regarder.
 
Plus bas c’est le vertige de ces parois qui plongent
Vers des vallées sans fond qu’on peine à distinguer
La brume qui les masque, ne permet qu’on les longe
Le regard devine plus qu’il peut mesurer.
 
Ici il n’y a de vie que nos souffles glacés
Ici règne le bruit, celui des vents gelés
Ici on ne respire qu’avec difficulté
Ici on est petit, aussi émerveillé.
 
On touche au mystère de ce monde muet
On monte jusqu’au ciel comme s’il y avait
Sur ces sommets hostiles, des réponses à trouver
On sait qu’il n’y a rien, cela reste à prouver.
 
Pierre-Jean Boutet
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