Grand père perdu
 
J'en ai trois devant moi, trois jeunes garçons
Ce sont mes petits fils, un bébé, deux nistons
On m'a laissé tout seul face à ces garnements
En me disant mon vieux, sont là occupe-t-en.
 
Savez vous mes amis combien ont d'énergie
Les enfants de cet âge, toujours en mouvement
Et toujours réclamant une attention constante
S'intéresser à eux est chose épuisante.
 
Le bébé de deux ans est une vraie merveille
Chaque geste qu'il fait est grâce sans pareille
Mais c'est un vrai tyran prompt à se rebeller
Quand ses moindres désirs ne sont pas satisfaits.
 
Les deux plus grands rechignent à sortir de leurs jeux
Si je les écoutais ils ne feraient rien d'autre
A cet âge pourtant faut pas que l'on se vautre
Mais il n'y a pas grand chose qui ait grâce à leurs yeux.
 
Il ne faut le gronder car c'est passé de mode
Il reste à les séduire mais c'est pas très commode
De l'art d'être grand père depuis Victor Hugo
On a changé les règles, faut garder le tempo.
 
Je dois suivre le rythme de ces gosses endiablés
L'un qui bouge sans cesse et change de sujet
Deux qui jamais se lassent, par leurs écrans piégés
Faut que je leur invente vite d'autres projets.
 
Le cœur ne suffit pas c'est presque un vrai métier
S'adapter à ces âges quand on a oublié
Combien on est capable si jeunes de mener
Sa vie à cent à l'heure, sans jamais s'arrêter.
 
C'est promis je m'entraîne pour la prochaine fois
Me retrouver moins bête devant ces petits rois
Pour avoir en musette, pleins de projets ludiques
Ne plus être en panne face à leur dynamique.
 
Pierre-Jean Boutet
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