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Surpris
Dans les sables mouvants de ces terres lointaines
Ils sont restés figés, gisant là par centaines 
Alors qu'ils galopaient sur cette vaste plaine
En poussant leurs chevaux jusqu'à perdre haleine.
C'était des conquérants qui déferlaient alors
A la recherche de terres et tous en quête d'or
Leur course interrompue au cœur de leur élan
Quand il ne reste plus qu'un silence pesant.
Sur toutes ces carcasses comme des carapaces
Se devinent intactes leurs si belles cuirasses
Armures de combat et leurs si longues lances
Leurs cimiers emplumés, armes étincelantes.
Ils étaient invaincus, horde irrésistible
Quand dans ces temps jadis ils étaient invincibles
Ils ne s'attendaient pas à défaite amère 
Quand ils furent vaincus si loin de toute guerre.
Quand alors pleins d'orgueil, ils sillonnaient la plaine
Ils ne craignaient personne, aucun croque-mitaine
La nature n'était qu'un simple spectacle
Quand les monts,les fleuves, pouvaient faire obstacle.
Mais le poids combiné de leurs mille chevaux
A du rompre la croûte de ce désert de sables
Ceux qui ont échappé au piège impitoyable
Du restant de leur vie n'en ont pas dit un mot.
Quand les hommes se croient, ainsi portés si haut
Quand convaincus ils sont, d'être les rois du monde
Qu'ils prennent garde alors et ce n'est pas nouveau
Que seule la nature mène de fait la ronde.
Pierre Boutet
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