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Pas de survivants...
Ce soir tu es sortie pour de bon cette fois
C'était il y a longtemps pour la première fois
Que tu le regardais ainsi en face à face 
Ce monde d'alors qu'il y avait à la place.
A présent tout est mort on ne voit que carcasses
De ces grands bâtiments qui dominaient la place
Le silence est partout et vraiment il te glace
A peine peux tu encore éviter qu'il te tasse.
Lors tu fermes les yeux et tu rappelles à toi 
Ces images de vies quand volaient sur les toits
D'innombrables pigeons et des mouettes grises
Et que l'on entendait des musiques qui grisent
Que des milliers de gens s'agitaient en tous sens
Mille automobiles dans les odeurs d'essence
Des lumières, des couleurs pavoisaient l'avenue
Les vitrines brillaient tout au long de ces rues.
Seul le vent maintenant fait entendre sa voix
Quand il glisse le long de ces décombres tristes
Toi tu t'es réfugiée avec ceux de ta liste
Dans un abri profond où tu allais parfois.
Seul le choc de la bombe a ébranlé la voûte 
Tu es restée des jours attendant le signal
Il n'est jamais venu, retour à la normale
Et vous êtes restés bien longtemps dans le doute.
Ceux qui sont ressortis ne sont jamais rentrés 
A la fin il n'y avait plus du tout à manger
Les derniers survivants alors se sont allés 
Mais toi tu es restée seule à te ronger.
Quand il n'y eut plus rien à manger ou à boire
Tu as dû à ton tour te décider à voir
Au dehors si la vie avait repris son cours
Après tout même l'espoir avait passé son tour.
Un mouchoir sur la bouche, protection dérisoire 
Tu constates à ton tour l'innommable désastre
Tu lèves alors les yeux vers le ciel et ses astres
Mais il n'y a de réponse à cette horrible histoire.
Et partout des cadavres jonchent un sol brûlé
Certains se sont traînés vers des lieux jugés sûrs 
D'autres sont écroulés le dos contre les murs
Et toi tu sens déjà le mal en toi ronger.
Un drone qui survole la zone bombardée 
Les capteurs qui indiquent plus rien à signaler
La guerre qui se fait à présent à distance
La mort impunément maintenant se dispense.
Plus aucune morale, finis les corps qui râlent
Tout est aseptisé, la mort n'a plus d'odeur
Et pas plus que l'argent qui en reste le cœur
Et qui nous conduira à une fin fatale.
Pierre Boutet
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