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Une de perdue....
Je sens la déchirure qu'elle me fait au cœur 
Cette affreuse blessure par où passe la peur
Il n'est pas de brisure pire que la douleur
Ce n'est dans ma nature d'avouer mon malheur.
Elle a dédaigné tous mes gestes d'amour
Comme si elle plaignait mon regard sur ses jours
Déjà elle dépeignait d'un autre les atours
Déjà elle régnait sur son cœur sans retour.
La belle insouciance d'une belle de cour
La dure inconstance d'une reine d'amour
Faut-il avoir défiance à la vue de ses tours
Ou croire en sa chance et espérer toujours ?
Demain viendra peut-être, la belle que j'attends
Quand depuis sa fenêtre, son bras elle me tend
Alors dans tout mon être il y aura un chant
Je saurai reconnaître ce fort joli penchant.
Je sens une fournaise au fond de la poitrine 
On y allume des braises, attend que je devine
Ce ne sont des foutaises comme tu l'imagines
C'est ma jolie Thérèse qui là me fait un signe.
Un soleil éclatant brille dedans ma tête 
Je trouve épatant qu'elle me fasse fête 
Je la trouve en ce temps si belle la conquête 
C'est désormais constant que plus rien ne m'arrête.

 Pierre Boutet