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Fatigué 
Aux portes restées closes à nos pauvres espérances
Aux épaisses murailles qu'il nous faudrait abattre
Aux chemins tortueux par où passent nos chances
Aux savants labyrinthes où on rebat nos cartes
Je me suis tant heurté que j'en suis fatigué 
Aux sourires hautains de ces belles de cour
Aux gestes dédaigneux de ces dames d'atours
Aux exigences folles de ces folles d'amour
Aux refus obstinés de ces femmes des tours
Je me suis tant heurté, que j'en suis fatigué 
Aux puissants de ce monde et à leurs manigances
Aux manœuvres tordues dans lesquelles ils se lancent
Aux pièges innombrables qu'ils posent aux audacieux
Aux montages subtils dont ils sont amoureux
Je me suis tant heurté que j'en suis fatigué 
À ma simple masure où m'attend mon aimée
A son sourire tendre qui va m'y accueillir 
A ses bras qui se tendent, à m'en faire défaillir
A sa peau qui est douce et qui m'a tant manqué 
Je vais m'abandonner, enfin me reposer.
Pierre BOUTET
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