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Délires
 
Je plonge mes racines jusqu’au centre du monde
J’envoie comme glycines mes pensées à la ronde
Tout autour je dessine des routes qui se fondent
Comme mille ravines nées de sources fécondes.
 
Toujours je m’imagine comme aux confins du temps
Sauvage sauvagine qui partout se répand
Les heures assassines d’où s’égouttent les vents
Partout où s’invaginent les couloirs de l’avant.
 
La fière aubépine qui fleurit au printemps
Arbore ses épines comme armure piquants
Mais l’amante câline accueille ses amants
Elle donne des signes d’un amour consentant.
 
Quand la fièvre maligne frappe comme la foudre
Que les canons en ligne font entendre la poudre
Les meules cristallines ont bien du grain à moudre
Et les hordes bédouines veulent toutes en découdre.
 
J’essaie la cocaïne pour tromper mon ennui
En évitant les fouines qui rodent dans la nuit
Mieux vaut la caféine pour faire le circuit
Sans ces mines chafouines, aux visages de suie.
 
Je rêve à ces ruines que nous laissent les temps
A ces rimes orphelines de mes poèmes d’antan
Mon âme est mousseline, exercice éreintant
Mais j’ai pour discipline d’arrêter à l’instant.
 
Pierre Boutet
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