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Obscur
Sais tu combien je suis, par tes yeux, captivé
Par ta démarche légère, je suis si fasciné
Par tes gestes gracieux que je puis admirer
Quand tu passes le soir devant ce jardinet.
Je suis Quasimodo de cette banlieue triste
Tu es l'Esmeralda qui passe sur la piste
Les pauvres garçons, nés, comme moi, disgraciés
Ne peuvent espérer être aimés d'une fée.
Laissez moi cette image de la grâce incarnée 
La vue de la déesse est la seule lumière
Par laquelle éclairer la gargouille de pierres
Qui emprisonne hélas mon humble destinée.
J'espère Esmeralda que jamais ne verra
Ma silhouette affreuse se tendre ainsi vers toi
Ce serait un miracle, je me prend à rêver 
Si comme Cyrano je pouvais te parler.
Lors je reste accroupi dissimulé par l'ombre
Un tambour vibre fort en dedans ma poitrine
Je t'écris en pensée un poème enflammé
Que jamais ne lira, ni pourra soupçonner.
Je suis là ignoré, je puis te protéger
Sans me voir, tu ne sais que ton intégrité 
Est par moi assurée dans ce lieu mal famé 
C'est la joie que j'éprouve à cette seule idée.
Tu es belle et fragile, ta beauté exposée 
Peut rendre fous les hommes et ainsi les pousser
A commette des actes qu'ils peuvent regretter
Jamais tant que je vis, je ne le permettrai.
Pierre BOUTET
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