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Paternel
Tu paraissais si grand à l'enfant que j'étais
Tu étais si puissant dans ce que tu faisais
Qu'il s'agisse de bâtir quelque chose de tes mains
Ou d'écrire des textes que tu lirais demain.
Tu n'étais pas bavard, tu étais un peu absent
Retiré dans ta tour, aux repas tu descends
Mais là on écoutait les échanges animés 
Que la maman et toi, aimiez à dérouler.
Professeurs tous les deux vous nous avez transmis
Cet amour de la langue, on s'en est pas remis
Baigné de ces beaux textes ou de vraies poésies
On était imprégnés pour toute notre vie.
On était pourtant libres, dès les devoirs bien faits
D'aller dans les collines en toute liberté
Y vivre des aventures inspirées de romans
Nous aimions y courir partout, par tous les temps.
Que la vie était simple alors dans cette époque
Les rumeurs dans le monde parvenaient étouffées
Il n'y avait pas encore ces médias en bouffées
Par lesquels les peurs, à nos demeures toquent.
Les jours étaient rythmés, la famille, l'école
Les repas partagés, les jeux de la fratrie,
Les copains avec qui faire des courses folles
Les livres qu'on dévore jusqu'au soir dans son lit.
Tu étais sur tout ça une présence forte
Tu étais un père aimant, celui qui réconforte
Mais exige aussi que l'on fasse des efforts
Je n'ai rien oublié, et tu me manques fort.
Tu étais un exemple de vraie intelligence
Tu avais traversé et tu gardais silence
Sur le pays en guerre de ton adolescence
Ça marque le vécu et emporte l'enfance.
Tu étais un professeur de français, latin, grec
Je te dois presque tout de mes humanités 
Je comprends notre langue et même je m'en délecte 
J'ai compris avec toi le mot humanité.
Je peux dire de toi, tu étais paternel 
Tu m'as très bien appris à être fraternel
A bien ancrer aussi ma vie dans le réel 
Je te voue pour cela un amour éternel.
Pierre BOUTET
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