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Vacarme
Des aboiements de chiens agacent mes tympans
Sur un chantier trop proche vrille un vieux trépan
Les Klaxons incessants des chauffeurs impatients
S'ajoutent au vacarme de tous ces bruits ambiants.
Comment se concentrer dans ce capharnaüm 
Comment l'inspiration peut trouver son chemin
Aligner deux pensées c'est carrément énorme
Alors écrire en vers, c'est même surhumain.
Pourtant des gens y vivent dans cet enfer urbain
Ils y sont même bien comme dans un bon bain
Ils ne remarquent plus ces mille bruits de fond
Qui sont depuis longtemps en eux au plus profond.
Moi je viens d'un endroit où les bruits que l'on guette
Sont le souffle du vent, une poule qui caquète
Ou les glouglous discrets d'un ruisseau dans le bois
La cloche d'une église, des pas devant chez moi.
L'esprit y vagabonde, au gré de ces murmures
La pensée est féconde, il n'y a pas de murs
Les idées y abondent, et ce n'est jamais dur
D'y inventer des mondes, où les amours sont pures.
En ville au contraire, la vie est frénétique
Parmi les décibels, faire appel au magique
Se concentrer exige, des efforts fantastiques
Je ne peux pas écrire, sur ce type de musique.
Moi je viens d'un milieu ouvert à tous les vents
Je vois à mille lieux, et je vis en rêvant 
En regardant les cieux, ce spectacle envoûtant 
Et là je vis heureux, inspiré, écrivant.
Pierre BOUTET
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