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Pompéï
 
l’haleine ardente du volcan en colère
a pris dans une gangue les corps et les prières
un silence lors plane depuis des millénaires
quand des trésors sommeillent sous cette vieille terre.
 
Sous le sol si fertile dorment témoins terribles
le soleil le caresse, la pluie fait sa richesse
on lit dedans la pierre comme dans une bible
Toutes ces vies d’avant que le feu ne les blesse.
 
Interrompu le cours de ce peuple immobile
des instants ordinaires qui pour l’éternité
sont figés, bouches ouvertes, gestes suppliciés,
dans ces tombes grises, cocons illisibles.
 
On dirait que le temps au cours inexorable
s’est ici arrêté, a suspendu l’élan
et que depuis il n’a été capable
de reprendre l’histoire, telle qu’elle était avant.
 
Ainsi exhibés et en pleine lumière
à présent profanés, les corps pétrifiés
les cendres du Vésuve étaient comme une bière
pour ces êtres, aux voyeurs, ainsi sacrifiés.
 
L’histoire ouvre une page gravée dans le malheur
et en montre sans frémir ainsi toute l’horreur
aux foules fascinées, mais c’est terrible erreur
de n’y voir lors qu’une œuvre forgée dans la douleur.
 
Pierre Boutet
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