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Sous les pluies de novembre
 
Dehors on voit à peine, dense la brume traîne,
Ses écharpes en volutes flottent comme une haleine
des chevaux de labour tracent des sillons blêmes
écheveaux de sillons griffant la lourde plaine.
 
Du ciel tombe une pluie comme un rideau d’argent
la terre est imbibée par ce flot incessant
la boue colle aux pieds qui s’enfoncent dedans
les rivières débordent et forment des étangs.
 
Des toits partout s’élèvent de toutes les cheminées
des fumées parfumées des odeurs des chaudrons
où cuisent longuement les soupes et bouillons
préparés par les femmes qui tiennent la maisonnée.
 
Les vaches à l’étable ruminent posément
À l’heure de la traite, elles iront sagement
présenter leurs mamelles gonflées du lait nouveau
aux mains de la fermière ou aux lèvres des veaux.
 
Dans les granges garnies mille meules de foin
accueillent les ébats de turbulents gamins
les plus jeunes y sautent, en y criant de joie
les amants s’y blottissent, pour vivre leurs émois.
 
Et tous les vents coulis qui partout s’insinuent
font pleurer sur les vitres et sur la peau des murs
quand la chaleur intense des poêles et des foyers
Condense l’humidité en de longues coulées.
 
Voyez elles sont noyées, les campagnes mouillées
trempées jusque aux os sont tous ceux qui y vivent
mais ils sont préparés dès que les pluies arrivent
à affronter ces temps dans leurs foyers douillets.
 
Pierre Boutet
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