image

Désolée 
Dans la salle immense des espoirs perdus
On entend les échos des choses disparues
Y résonnent les souvenirs des scènes d'autrefois
Quand dans leur avenir les hommes avaient foi.
L'arène grandiose des fêtes de jadis
N'accueille plus les foules des événements 
Y subsistent pourtant quelques traces de sang
Sur les murs, qu'ont laissées, d'eux mêmes, les hardis.
Des autoroutes vides venues de nulle part
Mènent à des horizons où personne ne part
Des cheminées d'usine semblent des obélisques
Dressés pour d'anciens dieux privés de leurs reliques.
Mille troncs calcinés témoignent de forêts
Qui couvraient dans ce temps les monts et les vallées
Des ruisseaux asséchés remplis de pierres lisses
Disent eux qu'autrefois la vie était délices.
Une glace bleue brille sous des cieux dégagés
Les mers ont envahi les terres submergées 
Les tempêtes font rage, les sécheresses aussi
La chaleur et le froid font va et vient de scie.
Une tour métallique à la flèche rouillée
Vestige de l'orgueil des hommes du passé
Est au bord d'un fleuve, sentinelle oubliée 
Une des rares traces par le temps effacées.
Nul cri, nul bruissement d'ailes, aucun chant
Ne brisent le silence à part le bruit du vent
Aucun des animaux qui lors peuplaient la terre
Nulle vie ici bas, le musée est ouvert.
Pierre BOUTET
Tous droits reserves