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Réfugiés
On sonne à la porte un beau matin d'octobre
J'ouvre et je vois un homme alors que la nuit tombe
Sa tête est baissée il est un peu courbé
Il se tient là tremblant, dans un manteau râpé.
Il lève son visage, ses yeux clairs délavés 
Me fixent implorant et il dit aidez moi
S'il vous plaît aidez moi, ma famille et moi
Nous sommes si perdus, on en a tant bavé.
Ce soir il fait très froid, on ne sait où aller
J'ai deux enfants petits qui sont frigorifiés,
Pourriez vous nous aider, monsieur, s'il vous plaît
Nous dire où aller, qui peut nous abriter ?
Je ne suis pas très brave, j'avoue j'ai un peu peur
J'ai moi même une famille que je dois protéger
Devant des inconnus même s'ils sont en détresse
Je suis très réservé, j'aimerais que ça cesse.
Facile en théorie de se dire solidaire
Quand c'est juste une idée, qu'elle ne vous oblige
Mais quand vous êtes placés devant ce qui afflige
Alors vous verrez bien, si vous êtes volontaires.
Cependant j'aperçois sous une porte cochère
Trois silhouettes transies, le brouillard de leur haleine
Saisi d'une empathie surprenante et soudaine
Je dis entrez monsieur, venez dans ma demeure.
Mes enfants sont partis, leur propre vie pour faire 
J'ai deux chambres bien vides qui restent disponibles
Je vais vous héberger pour cette nuit pénible 
Demain on verra bien tout ce que l'on peut faire.
Je ne sais pas ce geste où il va m'entraîner
N'ai pu les ignorer, j'ai écouté mon cœur
Ces humains si fragiles, victimes de malheurs
Peut être suis hors la loi, pour les avoir aidés.
Nous vivons une époque qui se voit bousculée
Par tout un tas de drames qui frappent à nos portes
Peut on encore penser qu'ils nous sont étrangers
Respectons les valeurs qui vraiment nous importent.
Pierre BOUTET
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