Petit salaud, pauvre cocu

Tu voudrais bien qu’elle te retienne, qu’elle crie, qu’elle supplie
Mais voilà qu’elle se tient tranquille et qu’elle sourit
A quoi t’attendais tu, quand tu lui a appris
Que votre couple uni, il était bien fini.

Tu craignais qu’elle souffre, tu es presque déçu
Tu te disais je pense qu’après avoir vécu
Tous les deux tant d’années sans même vous séparer
Elle serait effondrée quand tu vas la quitter.

Tu n’as pas vu les signes qui pouvaient t’alerter
Tout à tes aventures, à les dissimuler
Tu n’as vu sa jeunesse soudain qu’est refleurie
Tu n’as vu son entrain, elle est ragaillardie

Si tu l’avais aimée autant que tu le dis
Tu aurai remarqué ses gestes de repli
Ses baisers très distraits lorsque tu revenais
Les mots très évasifs de ce qu’elle racontait.

Car c’est toi le cocu, tu n’es pas magnifique
La voilà soulagée, elle pourra enfin vivre
Elle considérait l’amour comme unique
Les enfants sont plus là, elle peut être libre.

D’abord elle fut triste et même accablée
Quand elle a eu compris ton infidélité
Puis elle a fait son deuil, ses espoirs envolés
Et a trouvé ailleurs l’amour qu’il lui fallait.

Tu peux bien t’en aller, c’est ton dernier beau geste
Même s’il est mesquin, tu pourras te targuer
De l’avoir faite heureuse comme un dernier cadeau
Tu peux bien t’en aller, vas donc petit salaud.

 

Pierre BOUTET

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