Vallée perdue
C'est une haute vallée au cœur de la montagne
Le soleil qui l'inonde en ce beau jour d'hiver
Réveille les pales couleurs de ce lieu de campagne
Et fait luire les névés qui parsèment sa terre.
Sur ses flancs des forêts de feuillus désarmés
Quelques rares sapins laissent des tâches vertes
Des rochers en chaos percent partout les près
Et semblent de vieux os d'un monstre de naguère.
Un torrent fait tumulte, grossi par l'eau de fonte
Son fracas régulier fait partie de la scène 
Au fur et à mesure que le chemin je monte
Je m'éloigne des soucis et j'en oublie mes peines.
Je marche d'un pas lent dicté par l'altitude
Mes souliers parfois glissent sur la glace du chemin
Plus loin c'est une tourbière qui impose son frein
Aucun bruit ne s'entend dans cette solitude
Seul le son de mes pas qui font crisser la neige.
Je sens l'air que j'inspire et qui me fait du bien
Il est vif, il est froid, cet instant c'est le mien
Dans cet endroit secret, le calme a son siège.
Pierre Boutet
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