Le soir les villageois convergent vers la salle
Ils sont tous si pressés d'assister au spectacle
Dans ce tout petit bourg au cœur de la montagne
Les distractions dont rares, faut dire qu'on les épargne.

On garde pour l'hiver et pour ses jours si courts
Quand les travaux des champs ainsi que les labours
Laissent un peu de temps pour mieux se consacrer
A d'autres activités, que de toujours œuvrer.

Pour la belle occasion c'est la salle des fêtes
Qu'on a bien décorée, guirlandes et lampions
Qui accueille la foule bruyante et en goguette
Et la soirée commence par quelques libations

Alors on voit l'orchestre, tous très bien habillés
Qui accorde le piano, la guitare, et le son
Puis se met à jouer, alors les couples se font
Ils se mettent à tourner, ils se mettent à vriller

S'enchaînent des tangos, des pasos et des valses
Pour quelques jeunes aussi des rocks et des sambas
Pour tous ceux qui sont là c'est un vrai branle bas
Personne ne manquerait la chance d'être là.

Un vieux crooner blasé pousse la chansonnette
Des airs repris en chœur par l'assistance conquise
Des airs connus par cœur dont le rythme aiguise
Une envie de s'aimer, et de causer musette.

La musique trop forte n'empêche pas certains
D'échanger des ragots, de parler des voisins
Il n'est pas de secret que l'on puisse garder
Dans une communauté où tous sont observés.

Mais cela aussi soude ces familles exposées
A un climat bien rude et à bien des dangers
Quand quelqu'un sollicite un petit coup de main
Il sait qu'un de ses proches n'attendra pas demain.

Cela se passe encore comme ça aujourd'hui
Dans ces petits villages dans des combes blottis
La vie y suit son cours bien loin de tous les bruits
Qui agitent le monde et qui donnent soucis.

Ces gens de la campagne qu'on appellent péquenots
Ils sont bien respectables et ils vous passent le mot
Venez dans nos villages vous serez accueillis
Pour peu que vous soyez respectueux de nos vies.

Pierre BOUTET

Tous droits réservés