Qui n’en a pas construit des châteaux en Espagne

Qui n’a fait de ces rêves où on se baigne en pagne

Dans des lagons bleutés sous un soleil de plomb

Ou des eaux opalines blotties sous un aplomb ?

 

Qui n’a fait des projets aussi vains que grandioses

Qui n’a souhaité glisser sur un lit pleins de roses

Et s’y mêler sans fin, en faisant mille poses

Avec des femmes fleurs qui vous font mille choses ?

 

Qui n’a cru en sa chance et a du déchanter

Qui s’est vu président et chômeur a été

Qui n’aurait pas aimé être célèbre et riche

Et a du accepter que dans la vie on triche ?

 

Combien ont donc rêvé de gagner au tirage

En cohortes innombrables ils ont tenté leur chance

Sachant bien impossible malgré toute leur rage

D’être le seul gagnant dans la foule immense ?

 

Mais que serions nous donc sans tous ces rêves flous

Autre chose que des hommes, autre chose que des fous

Aucune métamorphose n’arrivera à bout

De tout l’irrationnel qui bout au fond de nous.

 

Pierre BOUTET

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