Elles me sont étrangères les poésies d’amour

Ne peux plus les entendre depuis ces quelques jours

Où j’ai perdu la muse qui m’inspirait toujours

Où est partie ma mie, ma compagne au long cours.

 

Je ne veux plus les lires ces mots qui font si mal

Quand on est pris au piège comme un pauvre animal

Quand une solitude, affreuse, abominable

Devient la seule présence d’un monde minéral.

 

Il est certaines musiques que je ne veux plus ouïr

Dieu sait pourtant jadis ce que pouvais en jouir

Des mélodies subtiles qui vous bercent à mourir

Des airs si langoureux qu’ils vous feraient périr.

 

Loin de moi les images de vénus en chemises

De femmes évaporées plus que ne sont permises

Les tenues hors l’amour où elles sont de mises

Les images des atours, ne sont donc plus admises.

 

Ils me sont indigestes les fruits de la passion

Je ne suis plus branché sur ce type d’émission

Je veux plus rien sentir, aucune émotion

Je reste vide et froid au milieu du salon.

 

Pierre BOUTET

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