Agaces de ce geste, ils veulent l'ignorer
Le regard ils détournent, de l'homme à leurs pieds
Dans la cité partout on voit ces malheureux
Qui tendent une main pour demander si peu.

Alors beaucoup s'enferment dans une carapace
Se disant que eux mêmes n'ont pas beaucoup de place
Ils s'en sortent à peine pour vivre de leur mieux
Et le peu qu'ils possèdent ils le gardent pour eux.

Faut pas leur en vouloir, ce spectacle leur rappelle
Que ce peut être eux, demain qui vous appellent
Dans cette société les inégalités progressent
Plus pauvres et plus riches s'y multiplient sans cesse.

Cela fait bien longtemps que les privilégiés
Vivent sur une planète qu'ils ont aménagée
Ils vivent et se déplacent loin des foules communes
Ils ont abandonné tous la maison commune.

Ils regardent de loin, rarement ils y pensent
Tous ces pauvres mortels comme ils se dépensent
L'important à leurs yeux c'est que beaucoup dépensent
L'argent qui leur permet de vivre dans l'opulence.

Je sais que ce constat ne les gênera pas
Cela fait un moment qu'ils contrôlent du reste
Nos moindres mouvements quand ce n'est pas nos gestes
Et qu'il peuvent étouffer partout ce genre de voix.

Ils ont perdu de vue le commun intérêt
Raisonnent à courte vue celle de leur confort
Faut pas compter sur eux pour faire un effort
Pour faire cesser sur terre les inégalités.

Pierre BOUTET

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