Quand elle sonne la grosse cloche dans nos villages
Elle résonne de proche en proche, dans ses parages
Quand elle donne, sans un reproche, encore notre âge
On lui pardonne, car s'effiloche toute la rage.

Quand elle harponne, quand elle s'accroche, celle sans visage
Quand elle est bonne, qu'elle est pas moche, on l'envisage
Mais on s'étonne qu'elle fasse nos poches, et au passage
On lui pardonne, sans anicroches, on n'est pas sage.

Quand elle pouponne notre beau mioche, on est volage
On papillonne, et nos galoches font des voyages
Quand elle s'adonne et a ses poches, met des voilages
On se pardonne, je sais c'est moche, d'être pas sage.

Quand elle tonne par ses reproches la mère en rage
Lors on s'étonne qu'elle décroche tous nos visages
Quand il raisonne comme nos proches le voisinage
Sans qu'on s'étonne il nous reproche d'être pas sage.

Pierre BOUTET

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