Où cours tu petit homme, où vas tu de ces pas ?
Qu'est ce qui te presse pour t'agiter comme ça ?
Beaucoup sont ici bas passés et trépassés
Depuis que la vie s'est installée chez moi

Certains grouillaient, barbotaient entassés
D'autres majestueux ont régné sans partage
Mais toi premier du genre de tout tu fais usage
écrasant, détruisant, dévorant tout pour toi.

Des temps immémoriaux ont été nécessaires
Pour établir ici, équilibres précaires
Des lois régissant tout, les vents et les saisons
La chaleur et la pluie et le temps des moissons.

Tu t'es multiplié de manière si folle
Que tu déboussoles toutes mes horloges
Tu es sourd aux alertes que je t'ai envoyées
Ton orgueil est trop fort pour savoir écouter.

Prend garde petit homme, tu cours contre la montre
Et les difficultés qu'à présent tu rencontres
Tu dois les réparer si tu en es capable
Sache hélas qu'un échec est hautement probable.

Si tu n'y parviens pas malgré tout ton génie
je choisirais de stopper ta folle barbarie
Car c'est la vie qui est ma seule priorité
Que je dois préserver pour toute l'éternité.

Pierre BOUTET

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